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Direction régionale de Draguignan

 

Témoignage

 

Ce mois nous allons vous faire partager le témoignage d'un employé de l'entrepôt qui a souhaité nous faire partager son expérience, du jour de son entretien à aujourd'hui, avec ses joies, ses déconvenues et ses espoirs pour l'avenir.

Je suis à la recherche d'un emploi, j'ai déjà fait de la préparation de commande, de la gestion de stocks et je suis cariste. Je vois une annonce de la société LIDL qui correspond à mes recherches et  je postule. Le jour de mon entretien, tout se passe bien, et je reçois quelques jours plus tard un courrier qui me dit que ma candidature a été retenue.

J'en suis très heureux, je pense alors que mon expérience, ma motivation et mon savoir faire ont pesé dans la balance mais avec le recul, j'ai compris que l'on accepte quasiment toutes les candidatures vu le turn over existant autant à LIDL que dans la grande distribution en général.

Je commence ma formation « à l'arrache », car mon formateur doit faire son quota même s'il est sensé me former pendant une semaine complète, je me débrouille donc tout seul pour réussir et pour que l'on me garde. La deuxième semaine, il est sensé « contrôler » mon travail, mais toujours même  problème, il doit faire le sien aussi, ce qui ne le rend pas toujours disponible lorsque j'ai besoin de lui.

Au fil des semaines, je m'habitue à mon nouveau travail mais aussi à mes collègues et des affinités se créaient c'est alors que je vois les préparateurs avec qui j'avais beaucoup de points communs partir et des nouveaux arriver. Je suis désenchanté suite à tout ce que j'ai vu :

- Des préparateurs fatigués suite aux gestes répétitifs.

- Des accidents du travail fréquents et des arrêts maladies fréquents pour tendinites ou maux de dos dans la plupart des cas, sans oublier les casques du système pick by voice qui nous font mal à la tête et nous font perdre de l'audition.

- Des préparateurs stressés par leur travail et obligés de faire des gestes qu'ils savent néfastes pour leur santé mais qu'ils sont obligés de faire (prendre des colis trop hauts sur les palettes, se baisser sans cesse...). Des caristes devant aller toujours plus vite car de moins en moins nombreux  pour répondre aux appels des préparateurs et vider des quais toujours plus chargés.

- Des réceptionnistes pris entre la direction et les chauffeurs et obligés de gérer les tensions à causes de quais pleins à craquer. Courir entre plusieurs chauffeurs et gérer les palettes qui arrivent cassées...

- Sans oublier les préparateurs au non food, envahis de produits en partance ou de retour des magasins, avec des quais bondés et parfois des produit lourds alors que la majorité sont des filles.

Les agents de maîtrise sensés nous encadrer ne cessent de courir à droite et à gauche pour essayer de gérer notre travail et régler les problèmes que nous rencontrons. Mais ils sont souvent occupés à régler des problèmes extérieurs et gèrent les appels magasins ce qui nous oblige à nous débrouiller seuls ou à les attendre de longues minutes.

Si notre quota journalier n'est pas atteint, on nous convoque pour que l'on s'explique sur nos mauvais résultats et si l'on va trop vite et que l'on a fini notre charge quotidienne, on nous donne du travail supplémentaire, comme du rangement ou du nettoyage ce qui incite les plus rapide à « lever le pied » lorsqu'ils s’aperçoivent que le quota est presque atteint.

Aujourd'hui je comprend que certaines personnes pourtant heureux d'avoir trouvé un emploi ne finissent pas la journée ou la semaine de travail, refusent des CDI préférant rester en CDD pour être disponibles au cas ou un autre travail se présenterait vu que la quasi totalité des ruptures de contrat conventionnelles sont refusées ( à ce jour je ne connais personne à qui on l'a accordé pour être honnête) et que les employés ayant trouvé mieux ailleurs ou souhaitant simplement arrêter suite à des soucis de santé se voient contreint de démissionner.

Un jour un préparateur plus ancien que moi m'a dit : « les préparateurs c'est comme les citrons, tant qu'ils ont du jus on les garde, dès qu'ils n'en ont plus, on les jette ».

Un jour, pour voir ce qui se passait dans d'autres DR, j'ai cherché un forum de discutions LIDL et là j'ai été sidéré de voir le nombre de témoignages d'anciens employés, de l'ELS au chef mag en passant par les RVS et les préparateurs.... Qui se sentent libres de parler des conditions de travail, des pressions exercées à tous les niveaux, de ce qu'on leur demande de dire, de faire même contre leurs convictions, la manière à employer pour soumettre et « casser » les plus résistants...

J'ai refusé cette fatalité et pour défendre mes droits, je me suis syndiqué à la CGT. Il n'y a pas de miracle, mon travail reste le même mais j'ai trouvé des gens à mon écoute, qui se battent au quotidien pour changer nos conditions de travail, toujours présents à mes côtés en cas de besoin et qui m'assistent lorsque je suis convoqué pour un quota non atteint (d'ailleurs depuis, je ne suis plus appelé au bureau pour ça). Ils sont présents et cette présence me rassure même si je sais que la direction fait son maximum pour contrer leurs actions pourtant importantes pour le bien être de tous. Je ne regrette pas mon choix, bien au contraire et j'ai espoir qu'avec le temps on améliorera nos conditions de travail pour qu'un jour nos enfants puissent bénéficier de nos avancées sociales comme nous avons pu bénéficier de celles de nos aïeuls qui se sont battus avant nous.

J'ai apprécié le site « cgtlidl.fr » et j'ai voulu à mon tour amener une pierre à l’édifice.

Ceci est mon témoignage, je ne sais pas si je continuerai de travailler à LIDL, et si oui combien de temps, mais le temps que j'y resterai, je le consacrerai à défendre les injustices et à essayer d'améliorer les conditions de travail de mes collègues et amis.

A bientôt sur notre site...

 

mise à jour du 15 décembre 2018