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Direction régionale de Rungis

 

Harcèlement au travail :
comment déceler les signes avant-coureurs ?

 

Il se caractérise sur la durée et mieux vaut repérer ses premières manifestations.

Qu'est-ce que le harcèlement ? C'est d'abord à un avocat qu'il faut poser la question. «Je vois souvent passer des affaires où le dossier est déjà constitué et le harcèlement déjà caractérisé», observe Olivier Meyer, avocat spécialisé Droit du travail. Selon la loi, le harcèlement d'un salarié se caractérise par «des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptibles de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.» Mais cet avocat rappelle bien que le harcèlement s'installe sur la durée. Pour éviter de traiter ce genre d'affaires, il a eu la bonne idée de collaborer à un guide pratique, «Manager sans harceler» (ed. Afnor), pour inviter chacun à davantage de vigilance.

«Quand il y a des signes d'humiliation, il y a danger»

«Quand un manageur est débordé, il est facile de réduire un collaborateur à sa fonction, c'est-à-dire de déshumaniser la relation, commente Marc Ossédat, responsable des ressources humaines chez CAMCA. Evidemment, ce n'est pas du harcèlement en soi, mais souvent un mauvais début.» Lui aussi a participé à l'ouvrage pour aider chacun à identifier les premiers signes et à améliorer la relation avant qu'il ne soit trop tard. «Typiquement, des phrases stériles du genre Tu m'as beaucoup déçu ne mènent à rien, sinon à rabaisser le collaborateur», abonde le coach Jean-Baptiste Ferrero. Quand un manageur montre des signes d'humiliation, il y a danger.» Autre alerte : l'envoi de messages répétés en dehors des heures de bureau. «Ce sont des signes assez faciles à repérer, ajoute Olivier Meyer. D'ailleurs il n'est pas rare que les salariés qui se décident à porter plainte compilent tous les appels et messages reçus en dehors du temps de travail pour se constituer un dossier.»

«Dès que l'on ressent un malaise, il faut essayer de communiquer»

Au final, nos experts rappellent que rares sont les manageurs harceleurs «par vocation». «La plupart du temps, ce sont souvent des profils eux-mêmes placés dans une situation de contrainte, résume Marc Ossédat. Dès que l'on ressent un malaise, il faut d'abord essayer de communiquer.» Si les symptômes persistent, le salarié peut aussi consulter les représentants du personnel ou le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) qui dispose d'un droit d'alerte auprès de l'employeur. «Peu importe au regard de la loi si un manageur a fait exprès ou non de harceler, rappelle Olivier Meyer. La loi parle des effets constatés et pas de l'intention.» Quand il est caractérisé, le harcèlement est un délit passible de eux ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende.

 

 

mise à jour du 15 juin 2018