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Direction régionale de Draguignan

 

Courrier à notre DR

 

La Valette, le 16 octobre 2017

Copies :
Inspection du Travail madame Corinne CURTI
Ministère du Travail madame Muriel PENICAUD
Médecine du Travail AIST 83 Puget sur Argens

 

Monsieur le Directeur Régional,

 

Suite à de nombreuses remontées de mécontentement au sein du personnel de l' entrepôt et soyons clairs suite également à l'émission Cash Investigation qui a fait remonter de nombreux dysfonctionnements au sein de notre société LIDL, la CGT a été à l'origine d'une réunion inter-syndicale où étaient présents l'ensemble des DS de la direction régionale 24 le mardi 10 octobre 2017 à 12 h 30.

De nombreuses questions ont été posées mais celles qui amènent ce courrier concerne l'égalité hommes/femmes sur les postes de préparateurs, sachant qu'à l'heure actuelle, la majorité des préparatrices de commandes, donc les femmes, travaillent sur le secteur frais de l'entrepôt, donc un secteur où l'on ne travaille qu'en équipe d'après midi.

Nous avons fait remonter le problème social généré par cet horaire 13 h 30 – 20 h 51 les préparateurs ne travaillent au frais que durant cet horaire puisqu'il n'y a pas de préparation frais le matin. Donc c'est un secteur où les femmes sont majoritaires en nombre ce qui socialement les coupent de leurs enfants.

La réponse qui nous a été donnée est la suivante :

- Il n'y a aucune différence de sexe en fonction du travail en entrepôt juste une différence de secteur puisque sur le sec, le poids des colis est parfois supérieur à 12 kg 500 (pâtes, huile, boissons...), donc en fonction de la réglementation et du côté répétitif du travail, nous ne pouvons pas mettre de femmes sur le secteur sec, nous allons restreindre les femmes sur le secteur non food, il n'y a pas de femmes sur le secteur fruits et légumes et tous ces secteurs réunis représentent environ 80 % du travail des préparateurs.

Donc par soucis de préserver la santé de nos préparatrices de commandes nous ne dérogerons pas aux recommandations légales.

Nous syndicats avons fait des propositions cohérentes pour le changement, comme

- Faire que les livraisons camions du frais soient faites l'après midi au lieu du matin pour que les caristes frais rangent les palettes l'après midi et que la préparation des palettes de frais pour les magasins se fasse le matin au lieu de l'après midi

- Que le secteur chocolat, qui regroupe, le chocolat, les gâteaux et la pâtisserie industrielle (brioches, pain de mie...) soit à nouveau séparé de la commande sec puisque ces palettes pour les magasins sont préparées le matin et que les colis ne font pas 12 kg 500.

La réponse est la suivante :

- Trop de changements dans l'organisation des commandes, des plannings et de modifications de camions avec nos prestataires. Risque de magasins non livrés ou du moins pas en temps et en heure.

Donc nous retenons que se sont seuls les préparatrices de commandes qui doivent s'adapter aux changements et à l'organisation de l'entrepôt mais en aucun cas l'inverse.

Mais à savoir, que les femmes et les hommes préparateurs de commandes ont exactement le même contrat de travail. Pourquoi n'ont ils pas alors les mêmes polyvalences au niveau de leurs horaires. L'égalité hommes/femmes ne s'applique pas aux horaires ?

Et reprenons les recommandations dont il est fait référence soit la norme NF X 35 -109 qui dit clairement que le port de charges répétitif (plus d'une fois toutes les 5 minutes pendant plusieurs heures) est limité à 12 kg 500 pour les femmes entre 18 et 45 ans et 10 kg entre 45 et 65 ans.

Pourquoi ces normes ne s'appliquent pas en magasins. Toute palette montée en entrepôt est traitée en magasin et en grande majorité par des femmes et ce depuis plus de 20 ans sans que cela ne choque personne, bien sur, il est plus facile de trouver des femmes pour le temps réduit imposé par l'entreprise. 28 heures avec un salaire de base pour 121 heures de 1350 € brut, c'est juste pour faire vivre une personne, alors une famille...

Mais il faut parler aussi de ces femmes, chef caisses, adjointes manager ou responsables de magasins qui font également des palettes, avec les mêmes cartons de pâtes, d'huile et de boissons qu'en entrepôt. Si des femmes ne peuvent pas les monter, pourquoi d'autres peuvent les mettre en rayons ???

Ne parlons pas du poids des cartons ou cagettes de fruits et légumes. Qui font parfois plus de 20 kg comme les cartons de bananes, de melons... Et traités en majorité par des femmes.

Les normes ne concernent la société LIDL que lorsque cela arrange la société LIDL ?

Et bien non, Monsieur le Directeur Régional, les normes s'appliquent pour tous et par tous.

Pourquoi la société LIDL ne négocierait pas que les cartons d'emballages soit avec des contenances moins lourdes comme cela a été fait pour les boîtes de nourritures pour chiens par exemple. Mais là le cas était différent me direz vous, le poids des cartons ne vous gênait pas, c'est juste que les cartons cassaient donc à la préparation des palettes, les préparateurs perdaient du temps à ramasser les boîtes qui roulaient dans les allées.

 

Autre élément de la norme NF X 35 – 109 le poids maximum journalier devant être porté par une personne est de 7 tonnes 500 sur une période de 8 heures de travail.

Comme chez nous les préparateurs travaillent 7 heures, le poids doit être ramené à 6, 8 tonnes, soit 971 kg par heure travaillée.

Sachant que chez LIDL le poids moyen d'un colis est de 8 kg, les préparateurs devraient traiter 120 colis à l'heure, pouvez vous nous rappeler le quota des préparateurs secteur par secteur. Nous pensons à la CGT que Madame la Ministre du Travail, Madame l'Inspectrice du Travail, et la Médecine du Travail seront intéressés par vos réponses. Et soyez honnête et clair. Pas de « il n'y a pas de quotas individuels mais des quotas par secteurs d'activités » auquel cas, pouvez vous nous donner le quota par secteurs d'activités et le nombre de préparateurs dans ce secteur. Nous sommes suffisamment intelligents pour faire le ratio rassurez vous.

Nous avons appris récemment que sur le secteur frais, les préparateurs se sont vus demander de traiter 350 colis /heure au lieu de 300 auparavant. Est ce votre façon chez LIDL de préserver la santé et la sécurité au travail surtout des femmes puisque justement c'est le secteur où il y en a le plus sur l'entrepôt ?

J'attends votre courrier en retour avec la plus grande impatience et nous vous signalons que ces questions seront remontées à la prochaine réunion du CE, de cette façon, les problématiques concernant la France entière seront traitées par la Direction Générale et celles qui n'incombent qu'à la DR 24 vous serez à même d'y répondre.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Régional, mes salutations les plus respectueuses.

 

mise à jour du 15 septembre 2018