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Direction régionale de Lunel

 

Non aux charges sociales mais oui au salaire socialisé

 

                   À longueur d’antenne, nombreux sont les journalistes, soient par incompétence ou volontairement,  qui emploient le terme de « charge » et plus particulièrement des  « charges sociales » qui mettraient en péril les entreprises, l’économie, la France à genoux …

Mais c’est quoi une "charge" ? Définition sur le Larousse : "ce qui pèse, ce qui coûte, ce qui cause une gêne, …". Les mots ne sont pas neutres et finissent, à force d’être ressassés par de nombreux journalistes incompétents ou sinon complices de la bourgeoisie en place, par travestir grossièrement  une vérité en un mensonge.

Cette invention idéologique du terme "charge sociale", n’est que de la propagande. Sur nos feuilles de paie (pour ceux qui ont la chance d’en avoir une), il y a un "salaire brut" en haut et un "salaire net" en bas.  Dans les deux cas, qu’il soit « brut » ou « net », c’est toujours du salaire.
Le "salaire net" que l’on touche directement est utile à la consommation immédiate ; se loger, se nourrir, bref répondre à ses besoins, … à l’inverse le "salaire brut" constitué d’une partie de "cotisations sociales" n’est pas comme on l’entend souvent un salaire « différé » mais un salaire « socialisé, mutualisé, ».  Toutes les cotisations sociales brutes sont mises dans un pot commun, les ressources de la sécurité sociale. Les salaires « bruts » sont donc redistribués immédiatement à chacun selon ses besoins ; santé, chômage, retraite, famille, …
Le terme "charge sociale" n’existe donc pas !

Dans les faits, quand un patron bénéficie d’une exonération de cotisations sociales, le salarié doit bien comprendre qu’une partie de son salaire disparaît (la partie brute). Cela revient à dire, qu’une grande partie du salaire socialisé utile pour se soigner, pour payer les retraites, … disparaît. Si le salaire socialisé diminue le salarié devra donc par exemple, couvrir ses dépenses de soin avec son net (reste à charge, augmentation des dépense de santé,...), se contenter de vivre avec une pension ou une retraite plus petite, voir ses allocations chômage diminuer ou disparaitre … La partie du salaire que le salarié ne perçoit plus ne disparaît pas pour tout le monde ; cette partie est reversée aux patrons, aux actionnaires …

En 2017, 82 % des richesses mondiales sont détenues par le centième le plus riche de la population. La situation des 50 % les plus pauvres n’a quant à elle pas évolué. La France est devenue la championne européenne du versement des dividendes aux actionnaires. Ils reçoivent ainsi 44 milliards d’euros, alors que les salariés sont précarisés, les pensionnés ponctionnés, les fonctionnaires et les services publics mis à la diète…
Les inégalités se creusent. Ces chiffres, vertigineux, démontrent, à l’opposé de la théorie du « ruissellement », que le boom des milliardaires n’est pas signe d’une économie florissante mais d’un système économique défaillant qui enferme les plus vulnérables dans la pauvreté et porte atteinte à la prospérité économique de toutes et tous.

Dans les faits, les exonérations des cotisations sociales sont une baisse de la rémunération de la force de travail dans le seul intérêt du patronat qui donc nous vole une partie de notre salaire… Cette baisse est effective et constante depuis les années 1983. 

Quand Macron annonce de nouvelles exonérations des cotisations sociales, il nous annonce une nouvelle baisse de nos salaires.
Il est URGENT de tordre définitivement le cou aux mensonges relayés par le gouvernement, une grande partie de la presse, pour répondre aux uniques exigences du patronat, des actionnaires !

Les mesures d’exonération des cotisations sociales sont extrêmement nocives pour l’emploi pour au moins trois raisons : 
1°) Elles constituent de véritables trappes à bas salaires ; en clair, plus le salaire est proche du SMIC plus les exonérations des cotisations sont importantes, dans ce cas aucune motivation pour le patronat d’augmenter les salaires.
2°) Depuis le temps qu’existent des dispositifs d’exonérations, si le chômage avait diminué, ça se saurait.
3°) La compensation des exonérations par l’Etat contribue à la fiscalisation (plus d’Impôts directes et indirects) du financement de la sécurité sociale.

Au final, s’opposer aux exonérations des cotisations sociales, c’est défendre nos salaires, notre sécurité sociale, notre protection pour faire face aux aléas de l’existence, c’est défendre notre couverture maladie, nos retraites, nos prestations familiales et sociales. C’est donc défendre notre pouvoir d’achat !

Quand Macron propose « d’accroître le pouvoir d’achat en diminuant les cotisations sociales », il ne propose rien d’autre que de le financer avec notre propre argent, tout en détruisant un peu plus la notion même de solidarité. Les dernières mesures annoncées nous amènent un peu plus vite vers l’abîme…

Si le gouvernement décidait de répartir autrement les richesses créées par notre travail, de s’attaquer à l’évasion et la fraude fiscale (*), s’il instaurait une véritable justice fiscale, s’il décidait de taxer enfin le capital et de mettre un terme aux exonérations, il y aurait largement de quoi financer l’augmentation des salaires, des pensions et des prestations sociales.
(*) La fraude et l’évasion fiscales représentent en France un manque à gagner d’au moins 60 à 80 milliards d’euros par an.

 

 

 

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